Tu es belle quand tu es odieuse.

Jeudi soir, perdue dans du Biolay. C'est le week end, demain piscine. Prononciations qui se mélangent, les R on les roule aussi en latin ? Migraine persistante, c'est l'exercice trois qu'il faut faire ? Penser aux fiches bristol. Raconter les rêves étranges. A quoi bon si les choses finissent toujours mal ? Prendre une douche, changer de pyjama. "Tu sais depuis mardi j'ai beaucoup pensé à toi." Ecrire des petits mots, c'est toujours agréable. Acheter des timbres, un répertoire. Finir le livre, en commencer un autre. "Tu as une pastille pour la gorge ? - .... Non." Noter.
Me, myself and I.
J'ai réussi ma première année à la fac, j'ai pris du poids, je n'ai jamais été à la salle de muscu, j'ai beaucoup pleuré, et puis plus du tout, j'ai crié bien des fois, j'ai ri mais pas assez encore, j'ai découvert pleins de morceaux qui restent, j'ai grandi, j'attends moins, j'ai toujours les cheveux jaunes, je suis amoureuse, il n'y a plus que lui que j'ai peur de perdre vraiment, je n'aurais jamais cru dire ça un jour parce que j'y croyais pas à ces conneries d'amour simple et heureux, je suis donc une guimauve grosse et jaune, j'ai pris l'avion, je vais devoir me taper Gargantua et La Fontaine, et j'ai hâte, j'ai eu mon permis et je passe plus de la moitié de mon temps dans ma voiture, moi "la fille du côté passager", j'ai vaincu une obsession toute seule, finalement non, j'ai appris à ne plus me lover dans mon noir chronique, j'ai perdu mon écriture d'avant parce que j'ai été confronté à Zola, à Homère, à Sophocle, à Pancol, et que forcément, forcément c'est plus abouti et que je ne me bats toujours pas, j'ai travaillé assez de temps pour avoir droit au chômage, moi qui était censée être la tire au flanc de l'équipe, j'ai eu des responsabilités, j'ai envie de faire des enfants, j'ai envie de l'Espagne toujours, mais les choses se cachent, et reviennent plus tard, je chante toujours aussi faux, la danse malgache c'est fini, je ne suis plus aussi fragile, je n'ai plus autant besoin d'aide, parfois encore un peu, je fais les choses petit à petit, j'apprends.
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Je ne sais pas sur quoi je m'attarde en décidant de me relever. L'impression de manque insaisissable, la peur d'attendre. Mon contre-temps. Je pourrais bien m'en aller, mais j'aimerais que ça clignote. Eponger la nostalgie en deux trois mots anonymes, étouffés par la nuit, le piano. Le corps lourd, presque abandonné. Les larmes en va et vient, espace retour entrée.
Isolate
Je n'ai jamais eu envie de monter dans une mongolfière. Je trouve ça plutôt effrayant. Une mongolfière ça peut s'écraser au sol violemment. Ou pire encore, rester en suspens dans les airs sans jamais redescendre.

Je me suis inventée des histoires aujourd'hui, ça me faisait sourire. J'ai dit une drôle de phrase, celle qu'on retient d'habitude, par pudeur. Inévitablement il m'a serrée fort. Une autre main s'est ajoutée, puis d'un coup on n'était plus seuls alors on a repris la conversation d'avant. On pensait tous à la même chose. Une nuque baissée, une respiration, ils ont même demandé pardon. Je le sais, j'ai compris.

Je me suis inventée des histoires aujourd'hui, ça me faisait sourire. J'ai dit une drôle de phrase, celle qu'on retient d'habitude, par pudeur. Inévitablement il m'a serrée fort. Une autre main s'est ajoutée, puis d'un coup on n'était plus seuls alors on a repris la conversation d'avant. On pensait tous à la même chose. Une nuque baissée, une respiration, ils ont même demandé pardon. Je le sais, j'ai compris.
Mon gras dépasse de ma culotte.

Et ça me donne des envies d'Amsterdam, de champs de tulipes, de vélo dans la ville. De fromage ? Ah non pas de fromage ! De courgettes cuites à l'eau, de chou-fleur sans béchamel, de pain sans nutella, de chips sans ... de chips sans chips.
De tri dans ma penderie, de nouveaux cheveux longs (??), de lire Sherlock, de chanter faux avec Scarlett, d'aller au cinéma, de faire des photos quand mon gras sera enfin de nouveau dans ma culotte.
Ps : je viens d'avoir un polaroïd tout neuf HAPPY !
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